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Sur les traces des armes dans le dédale proche-oriental

Publié le par Fanny Lutz

À la croisée de trois continents, le Proche-Orient est aussi le carrefour de nombreux
trafics. L’histoire de la région a été marquée par de multiples remaniements des frontières, conséquences des conflits ouverts ou latents, de confrontations sporadiques ou
encore d’inimitiés récurrentes qui ont affecté et gangrènent toujours sa stabilité. Le vide
sécuritaire laissé par ces recompositions successives et exacerbé par les défaillances des
mécanismes de contrôle frontalier a fait le lit des trafics d’armes. Aussi existe-t-il derrière
les voies de passage officielles, un autre quadrillage de l’espace proche-oriental, celui
des trafiquants d’armes qui y ont solidement implanté leurs réseaux de contrebande.

La dissémination illicite de ces armes légères et de petit calibre (ALPC) est d’une
ampleur considérable au Proche-Orient. Les défaillances dans la gestion des stocks
gouvernementaux, les faiblesses des contrôles, les lacunes dans la législation et la
corruption rampante sont autant de facilitateurs des transferts illicites typiques de la
région et dont les trafiquants ont largement su tirer profit.

La chute de certains gouvernements a en outre provoqué une explosion de l’offre
d’ALPC, dont le potentiel déstabilisateur est alarmant. Après la soudaine mise en
circulation de milliers d’armes en Irak, le scénario se répète ailleurs avec une intensité
accrue suite aux évènements du « Printemps arabe ». Or, cette abondance d’armes
provoque des dommages collatéraux considérables: elle menace l’évolution démocratique des pays, favorise la corruption et entrave les efforts menés en faveur de la
paix et de la stabilité.

Les violations d’embargos et les convois d’armes clandestins vers des groupes
non-étatiques ont ainsi enfermé la région dans un cercle vicieux, prorogeant l’état de
crise dans lequel elle est régulièrement plongée, incitant les citoyens à s’armer pour se
protéger et les groupes non-étatiques à renflouer sans cesse leurs stocks d’armes et de
munitions. Bénéficiant de ces véritables entrepôts à ciel ouvert dans ces environnements
post-conflits, ainsi que du soutien militaire de certains États, ces groupuscules armés
ont proliféré ces dernières années.

Deux principaux groupes d’États et d’acteurs non-étatiques se dessinent, s’agissant
des alliances de transferts illicites dans la région. Ils correspondent schématiquement
aux opposants et aux défenseurs de l’influence des États-Unis sur le théâtre procheoriental. En dépit des sanctions internationales qui la frappent, la République islamique d’Iran soutiendrait militairement les principaux ennemis des Américains dans la région, si bien que l’on retrouve des armes iraniennes sur tous les champs de bataille. Quant aux monarchies du Golfe, principale destination des armes européennes et américaines, elles approvisionneraient clandestinement les rebelles libyens et syriens, avec des armes acquises précédemment auprès de l’Occident. Terriblement affaibli par des années de violence, le Yémen se profile comme un pivot régional en matière de trafics d’armes. Sans chercher à exposer un compte-rendu exhaustif des trafics ayant cours au sein de la mosaïque proche-orientale, ce Rapport met en lumière plusieurs voies de transferts illicites ainsi que certains des acteurs impliqués dans ces transactions et les motivations qui les animent.

Vous trouverez le rapport complet en cliquant sur le lien suivant : http://www.grip.org/sites/grip.org/files/RAPPORTS/2013/Rapport_2013-5.pdf

Sur les traces des armes dans le dédale proche-oriental

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